Exposition collective — Horizons nouveaux III

 

La Fondation a le plaisir de vous présenter la troisième édition de l’exposition Horizons nouveaux. Elle aura lieu du 7 décembre 2025 au 11 janvier 2026 à la Fondation. Nous en profitons pour vous inviter chaleureusement au vernissage qui aura lieu le 6 décembre 2025 à 14 h (lien de réservation ci-dessous).

L’édition 2025 rassemble les œuvres de la lauréate du prix Horizons nouveaux, Valérie Cain Bourget (Université Laval), ainsi que celles des cinq finalistes, Suzanne Landry (Université du Québec à Montréal), Josianne Lizotte (Université du Québec à Trois-Rivières), Marie-Andrée Paquet (Université du Québec en Outaouais), Antoine Racine (Université Concordia), Maude Vien (Université du Québec à Chicoutimi).

 
 
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Graphisme : Louise Paradis

 
 

Horizons nouveaux III


Un texte de Marianne Cloutier
Directrice artistique de la Fondation

Mettant en exergue l’empreinte de l’humain sur l’environnement, les artistes émergent·e·s de cette troisième édition d’Horizons nouveaux explorent les états de la matière et la transformation des matériaux à travers le temps. Leur travail propose un regard poétique autant sur nos interventions à même le paysage, que sur les artefacts abandonnés et les résidus indésirables issus de nos sociétés de consommation.

Dans une série récente, d’où sont tirés les Piège-à-gros-gibier, Valérie Cain Bourget s’intéresse à la fabrication survivaliste d’abris, de pièges artisanaux et de dispositifs de collecte d’eau de pluie. À partir de matériaux usagés – qui évoquent leur lieu d’origine et leurs usages passés – elle recrée ces structures, sur lesquelles sont ensuite projetés des paysages de sa Gaspésie natale et du jardin familial. Empreinte d’une nostalgie contemplative, l’œuvre laisse doucement poindre la crainte d’un effondrement personnel ou sociétal. C’est également à partir de matériaux trouvés que Suzanne Landry crée ses œuvres. Au gré de ses déambulations, elle collecte végétaux, minéraux et résidus abandonnés sur des sites industriels, qui seront ensuite macérés, transformés en pigments, puis gelés. Dé-paysage donne à voir la danse exaltée de ces glaces saturées de couleurs qui creusent lentement la surface d’un papier. Appareil résiduel témoigne de ces micro-performances, rappelant les transformations permanentes du territoire découlant de l’extractivisme.

À l’extérieur de la Fondation, l’intervention in situ Si le plastique poussait dans les arbres de Marie-Andrée Paquet participe aussi de cette réflexion. Les immenses cocons, formés par l’enchevêtrement d’anciens bacs de rangement, rappellent la présence insidieuse de cette matière synthétique qui s’est immiscée dans nos écosystèmes, jusque dans nos corps, perturbant l’ensemble des processus et des cycles naturels. L’installation Les ruines modernes, de Josianne Lizotte, incarne autrement les cycles d’occupation des espaces, en soulignant la transformation perpétuelle du patrimoine bâti, au fil des existences qui y transitent. Par le truchement de photographies imprimées sur bois, elle juxtapose les temporalités alors que les traces d’une architecture vétuste viennent marquer la charpente d’une demeure en devenir.

Nos liens intimes au territoire sont également au centre des œuvres de Maude Vien. Par la photographie et la simulation 3D ensuite transposée en sculpture, elle matérialise son expérience des écosystèmes. Entre fleur et terre et Ossature rocheuse recréent la topographie d’une montagne ravagée par le feu. S’y superposent des images captées l’année suivante, alors que la végétation, résiliente, refait surface. Finalement, Antoine Racine pose un regard sensible sur un autre processus de régénérescence, celui de la décomposition. Passages marque la transformation des matières organiques grâce à l’action des microorganismes, alors que Infravivant donne à voir un riz fermenté, technique coréenne utilisée pour inoculer le compost afin de produire un sol plus riche pour l’agriculture.

L’exposition Horizons nouveaux III rassemble les œuvres des six finalistes au prix éponyme. S’adressant aux étudiant·e·s des programmes de maîtrise en arts visuels offerts par six universités québécoises – l’Université Concordia, l’Université du Québec à Chicoutimi, l’Université du Québec à Montréal, l’Université du Québec à Trois-Rivières, l’Université du Québec en Outaouais et l’Université Laval –, ce concours vise à récompenser des étudiant·e·s dont la démarche s’inscrit dans des préoccupations environnementales. Cette année, la lauréate de la bourse est Valérie Cain Bourget, de l’Université Laval. La Fondation Grantham remercie vivement le Fonds Pierre-Mantha, principal partenaire financier du projet Horizons nouveaux.