Exposition collective — Les jeunes s’exposent (6e édition)

 

La sixième édition de l’exposition Les jeunes s’exposent aura lieu du 4 au 19 avril 2026 sous le commissariat de Claudel Lauzière Vanasse et Maëlle Bériault.

 

Graphisme : Fondation Grantham

 
 

Les jeunes s’exposent 6.0

Un texte de Claudel Lauzière Vanasse et Maëlle Bériault

Du 4 au 19 avril 2025, la Fondation Grantham pour l’art et l’environnement invite le public à découvrir la 6e édition de l’exposition Les jeunes s’exposent. Fondée sur la pratique des artistes que la Fondation accueille et sur les expositions qu’elle présente, l’exposition Les jeunes s’exposent rassemble une fois l’an, les travaux d’élèves du primaire, du secondaire et du collégial qui ont participé aux programmes de médiation culturelle de la Fondation l’année précédente. Guidés par leurs enseignant·e·s et par l’équipe de médiation de la Fondation, ces jeunes ont ainsi l’occasion de présenter leur vision du monde et des enjeux environnementaux. Cette année, plus de 330 élèves provenant de l’école primaire Jésus-Adolescent de Saint-Germain-de-Grantham, de l’école primaire Saint-Hugues–Saint-Marcel (immeuble Saint-Marcel) de Saint-Marcel-de-Richelieu, de l’école secondaire du Bosquet de Drummondville, de la polyvalente Robert-Ouimet d’Acton Vale et du programme d’arts visuels du cégep de Drummondville ont participé au projet. Le commissariat de l’exposition est assuré par Claudel Lauzière Vanasse et Maëlle Bériault. 

Au cours des derniers mois, les élèves ont exploré des thématiques liées à l’exposition collective Contraste et indifférence. Développée en collaboration avec le Centre culturel canadien de Paris et présentée à la Fondation à l’automne 2025, cette exposition réunissait les œuvres de quatre femmes artistes qui parcourent le monde afin de témoigner des grandes transformations sociales et environnementales qui s'y opèrent. Conçue par la commissaire Catherine Bédard, Contraste et indifférence mettait de l'avant le travail de Cécile Hartmann, Isabelle Hayeur, Larissa Fasler et Capucine Vever. 

 Inspirés par les œuvres Fiume Rosso de Capucine Vever et Copper Dream d’Isabelle Hayeur, où l’on découvre des plans d’eau aux couleurs anormalement vibrantes, les élèves de l’école Jésus-Adolescent ont imaginé des créatures aquatiques mutantes évoluant dans divers milieux contaminés. Très colorés, les fleuves et les rivières où vivent ces créatures ont été réalisés à l’aquarelle et au sel, créant ainsi un contraste saisissant avec les paysages environnants, dessinés en noir et blanc. 

Les élèves de l’école Saint-Hugues–Saint-Marcel ont travaillé à la manière de Cécile Hartmann. En écho à l’œuvre Landform, ils ont utilisé de la farine pour créer des reliefs évoquant des formations naturelles, telles que des montagnes ou des sites miniers. Ces compositions ont ensuite été photographiées et imprimées en négatif. Présentées en grille régulière, les images transforment ces reliefs miniatures en un motif oscillant entre paysage naturel et construction artificielle. 

Après leur visite de Contraste et indifférence, les élèves de 4e et 5e secondaire du programme ÉcoArt et technologies de l’école du Bosquet se sont rendu dans le boisé situé près de leur école afin de réaliser une série de photographies mettant en lumière la richesse écologique de ce milieu naturel. Leurs observations ont ensuite orienté le travail en atelier, où chaque élève devait individuellement modeler et émailler des pièces de céramique. Assemblées par la suite, ces créations forment Murmures du boisé, une œuvre collective révélant la singularité des regards portés sur le vivant.  

De leur côté, les élèves de la polyvalente Robert-Ouimet présentent deux projets. D’une part, les élèves de secondaire 1 ont créé une œuvre collective inspirée de Philosophical Pantone de Cécile Hartmann. Réalisée à partir de papier fabriqué par les élèves, l’installation associe des mots invitant à la réflexion et des cubes que le public peut manipuler et empiler. Ce geste engageant illustre l’importance de l’action collective tout en évoquant la fragilité de l’équilibre de nos écosystèmes. D’autre part, les élèves de secondaire 2 se sont interrogés sur ce qui définit un lieu au‑delà de son architecture. À l’instar de Larissa Fasler, ils et elles ont utilisé la carte pour représenter de manière sensible leur école et rappeler qu’un lieu est aussi forgé par les émotions, les souvenirs et les histoires de ceux qui l’habitent. 

Les procédés du Data Art et le travail de Larissa Fasler ont servi de fil conducteur aux étudiant·es du cours Dessin 3 du Cégep de Drummondville. Ils et elles ont été invité·e·s à explorer le potentiel expressif des cartes, graphiques, schémas et grilles en intégrant à leur dessin une portion de plan ainsi que des données, dessinées ou écrites, issues de leurs recherches. Il en résulte des œuvres qui organisent et rendent visibles des informations parfois personnelles ou factuelles, parfois ludiques ou poétiques. 

Pour le projet Carte sensible à géographie variable, les étudiant·e·s du cours Performance et événement : le corps dans l’art  ont été appelé·e·s à recueillir et transformer les récits de vie des membres de la communauté locale en une œuvre collective, évolutive et vivante. À travers des échanges réalisés dans différents lieux du quartier entourant le Cégep — écoles, terrains sportifs, centre communautaire, parcs, cafés ou commerces — les étudiant·es ont recueilli des témoignages sous forme de textes, d’images, d’objets et d’enregistrements sonores. En parallèle, chacun·e devait revisiter un souvenir personnel lié au territoire exploré, contribuant ainsi à une cartographie émotionnelle où l’intime rencontre le collectif.  

En résonance avec les démarches des quatre artistes de Contraste et indifférence, les étudiant·e·s du cours de Photographie devaient articuler une problématique sociale, c’est-à-dire une question permettant de mettre en lumière des réalités souvent négligées ou invisibilisées et d’interroger nos façons de percevoir le monde. Cette recherche photographique, nécessitant souvent un déplacement sur le terrain, pouvait prendre la forme d’une captation documentaire ou encore d’un travail d’évocation des enjeux choisis à travers la mise en scène.  

Enfin, la Fondation remercie grandement les enseignant·e·s qui ont été au cœur de ce projet collectif et qui ont accompagné avec grand dévouement les élèves dans leur démarche. Elle remercie également les caisses régionales Desjardins de la MRC de Drummond de leur appui.