Exposition collective — Un monde en commun
Coprésentée par la Fondation Grantham et la Biosphère | Espace pour la vie, Un monde en commun met en lumière le travail de 10 artistes ou duos d’artistes et se déploie en deux lieux, soit la Biosphère à Montréal et la Fondation Grantham à Saint-Edmond-de-Grantham. Julie Bélisle et Josianne Poirier signent le commissariat.
Conçue en deux volets, l’exposition rassemble d’abord les œuvres de Maude Arès, Hannah Claus, Frédéric Lavoie, Angela Marsh et Kimberly Orjuela à la Fondation Grantham, du 2 mai au 26 juillet 2026. Le second volet, présenté à la Biosphère, du 5 septembre 2026 au 2 mai 2027, réunira les artistes Geneviève Chevalier, Jim Holyoak, Richard Ibghy & Marilou Lemmens, Taqralik Partridge & Tiffany Shaw et Miranda Smitheram.
Graphisme : Yacine Caiserman et Yasmine Taïbi
Un monde en commun
Un texte de Josianne Poirier et Julie Belisle
Commissaires
Photos : studio dedans dehors
En tentant d’adopter la perspective de la nyctale, du mulot ou encore du pissenlit, les œuvres réunies dans cette exposition décentrent notre regard. Elles nous enjoignent à considérer comment le territoire nous accueille et comment nous le partageons avec d’autres espèces, nous invitant à nous engager envers un monde pluriel, solidaire et profondément relationnel. Par des gestes de soin, des approches collaboratives de la création et une attention à l’éthique interspécifique, elles offrent une compréhension étendue de la notion d’hospitalité et nous encouragent à repenser nos manières « d’habiter ». Ensemble, elles explorent la possibilité d’« un monde en commun » où tous les vivants pourraient s’épanouir.
Vues de l’exposition à la Fondation Grantham
Artistes réuni∙es dans cette exposition
Maude Arès
Maude Arès est artiste interdisciplinaire : se déployant en installation, en sculpture, en performance, en scénographie et en dessin, sa pratique investigue les relations sensibles entre des matériaux le plus souvent trouvés. Par l’agencement de ces derniers, son travail met en scène des environnements vulnérables qui permettent d’écouter, d’apprécier et de comprendre les subtilités des « mondes tangibles ». Maude Arès décline ses réflexions sur la performance des matériaux et des gestes qui les animent à travers des projets qui entremêlent arts visuels et arts vivants. Par l’attention portée à la charge et aux activités des matériaux, elle observe les relations d’interdépendances visibles et invisibles liant êtres humains et non-humains.
Maude Arès, La peau de l'étang : celle dont les croisements cernent les visions du tube, 2024 - 2026, tissus, matériaux trouvés, céramique, cire d'abeille, papier mâché, 160 x 226 cm
Maude Arès, L'eaublier, 2026, céramique, corde, tige d'acier, papier mâché, coton, cire d'abeille, huile de lin, fils de fer, 914 x 213 cm
Hannah Claus, teyoweratá:se, 2021, film reprographique double mat, fil, acrylique, aluminium, 243 x 243 x 305 cm
Hannah Claus
Hannah Claus (membre de la communauté Kenhtè:ke | Tyendinaga – Mohawks de la Baie de Quinte) est une artiste visuelle Kanien’kehá:ka et anglaise. Dans sa pratique artistique, elle emploie une épistémologie Onkwehonwe afin de mettre en évidence des façons de comprendre et d’être en relation avec les mondes qui nous entourent. Elle est co-directrice du Indigenous Futures Research Centre à l’université Concordia et est co-fondatrice de Daphne, le nouveau centre d’artistes autochtone à Tiohtià:ke /Montréal.
Hannah Claus, teyoweratá:se, 2021, film reprographique double mat, fil, acrylique, aluminium, 243 x 243 x 305 cm
Frédéric Lavoie
Frédéric Lavoie détient un baccalauréat en anthropologie et une maîtrise en arts visuels et médiatiques. À travers une pratique hétérogène qui prend pour matériaux des éléments documentaires ou fictionnels, il produit des récits, des portraits de groupe ou des analyses thématiques. Ses recherches gravitent autour d’enjeux liés à l’écoute et à l’observation, aux rapports nature/culture et à l’anthropocène, dans une approche critique et éducative. Son travail s’inscrit dans une pratique patiente et attentive à la biodiversité locale, qui demeure indissociable du terrain.
Frédéric Lavoie, Les nyctales des dunes, 2025, diptyque vidéo, durée variable, en boucle
Frédéric Lavoie, La promesse de l'aube, Coulicou à bec noir, 2025, Vidéo 4k, 3 min 13 s, en boucle
Frédéric Lavoie, Les parulines du Cap Tourmente, 2026, photographies numérique, impressions au jet d’encre montées sur aluminium Dibond, 122 x 244 cm (chaque)
Angela Marsh
Originaire de Toronto et installée à Québec depuis 2008, Angela E. Marsh est à la fois artiste, activiste et créatrice de projets communautaires. Sa pratique porte sur les vertigineuses complexités de la nature et sur le détrônement du binôme culture versus nature. Ses projets artistiques, écologiques et relationnels sont le résultat d’une recherche continuelle de réciprocité intime et d’apprentissage du vivant. Pédagogue d’art passionnée, elle a publié plusieurs de ses écrits. Elle est également membre active des groupes écologistes Mères au Front et Québec Sans Pesticides.
Angela Marsh, Beloveds [Bien -aimées], 2026, plantes, céramique, peinture tempéra à l’œuf avec des pigments minéraux, dimension variable
Angela Marsh, Beloveds [Bien -aimées], 2026, plantes, céramique, peinture tempéra à l’œuf avec des pigments minéraux, dimension variable
Kimberly Orjuela, Shared Presence (Présence partagée), 2026, terre cuite, lustre doré, 19 x 25,5 x 50 cm
Kimberly Orjuela
Kimberly Orjuela est une artiste visuelle née en Colombie et basée à Montréal. Sa pratique sculpturale s’ancre dans les savoirs autochtones précolombiens et explore la restauration des liens ancestraux comme forme de guérison et de résistance. En réinterprétant des cosmologies ancestrales, elle interroge les entrelacements entre mémoire, identité et transformation et aborde des enjeux contemporains tels que la santé mentale, les héritages coloniaux et la crise écologique. Ses sculptures de terre cuite peuplées de figures animales et hybrides (serpents bicéphales, oiseaux, reptiles, jaguars), évoquent la résilience, la régénération et l’interdépendance du vivant.
Kimberly Orjuela, Elevated Consciousness Portal [Portail de conscience élevée], 2025, terre cuite, fils de fer, lustre doré, dimension variable
Capsule — Un monde en commun
Dans cette capsule, les deux commissaires de l'exposition collective « Un monde en commun » partagent leurs réflexions et proposent un regard sur les œuvres réunies dans le premier volet de ce projet coprésenté par la Fondation Grantham et la Biosphère | Espace pour la vie.